Bon, petit épisode ce matin, je partage parce que la honte se digère mieux quand c’est écrit.
Contexte : courses. Supérette de quartier. 10h30. Rien d’hostile a priori. Ma femme m’a envoyé chercher des yaourts et du fromage parce qu’elle bosse à la maison.
Je suis dans le rayon frais. J’ouvre la porte vitrée des yaourts. Je prends les yaourts. Je referme. Je me tourne vers les fromages. Et là, sans raison identifiable, boom.
- Cœur à 140. Sur un tapis roulant je serais en VMA.
- Respiration qui se coince en haut de la poitrine, comme si j’avais un sac plastique dessus.
- Les lumières néon qui deviennent agressives d’un coup.
- Les pieds qui ne portent plus.
- La pensée absurde mais totalement convaincante : “je vais mourir ici entre les yaourts et les chèvres frais.”
Je me suis assis par terre, contre le frigo des pâtes fraîches. Un employé est venu voir si j’allais bien. J’ai dit « oui oui ça va merci » avec le sourire d’un otage. Il est reparti. Je suis resté 8 minutes à regarder mes chaussures en essayant de faire la cohérence 4-7-8 qu’on m’a apprise en TCC.
Je suis rentré. J’ai laissé les yaourts.
Et j’ai craqué pour un 0,5 mg de lorazépam en arrivant dans le hall. Je sais, je sais. J’avais tenu 38 jours sans PRN. C’est mort, on recompte à zéro. C’est vraiment trop injuste.
Ce que je comprends pas c’est pourquoi. Je n’étais pas en train de penser à quelque chose d’angoissant. Je regardais des yaourts. C’est quoi ce corps qui fait sa révolte dans un rayon de fromages ?
Si vous avez déjà eu des crises « gratuites » comme ça au milieu d’une action banale — stationnement, douche, lave-linge — dites-le. Savoir que je ne suis pas le seul à qui ça arrive pour rien, ça aide déjà.
Et oui, je vais en parler à mon médecin au prochain RDV (dans 3 semaines, super timing).
— Cali